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Donner son congé quand on est locataire : préavis, indemnité, formalités

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Par Espero AKPOLI

Publié le 10 mars 2026

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Donner son congé quand on est locataire : préavis, indemnité, formalités

# Donner son congé quand on est locataire

Un locataire belge qui veut partir se pose trois questions : combien de temps dois-je encore payer, dois-je une indemnité, et comment prévenir le propriétaire. Les réponses ne sont pas les mêmes selon la Région et selon le type de bail. Et le calcul du délai, lui, se rate presque systématiquement — pour un mois de loyer.

Le droit du bail est régionalisé

Depuis 2018-2019, le bail d'habitation ne relève plus d'une loi fédérale unique. Bruxelles applique le Code bruxellois du Logement, la Wallonie le décret du 15 mars 2018 relatif au bail d'habitation, la Flandre le Vlaams Woninghuurdecreet. Les trois textes partent de la même architecture héritée de la loi de 1991, mais ils ont divergé sur plusieurs points. Ne raisonnez jamais « en droit belge » : raisonnez dans le droit de la Région où se trouve le logement.

Bail de résidence principale (9 ans) : trois mois, à tout moment

C'est le bail le plus courant. Le locataire peut y mettre fin à n'importe quel moment, sans devoir se justifier, moyennant un préavis de trois mois. Le propriétaire, lui, n'a pas cette liberté : il ne peut donner congé que dans des cas précis (voir notre article sur le congé du propriétaire).

Le point de départ du délai : l'erreur qui coûte un mois

C'est le cœur du sujet. Le délai de préavis ne commence pas le jour où vous envoyez la lettre. Il prend cours le premier jour du mois qui suit le mois pendant lequel le congé a été donné.

  • Congé notifié le 8 mars → le préavis court du 1er avril au 30 juin. Le bail se termine le 30 juin. Vous devez le loyer de mars, avril, mai et juin.
  • Congé notifié le 2 avril → le préavis court du 1er mai au 31 juillet. Quatre jours de retard vous coûtent un mois entier.

Autre subtilité : ce qui compte, c'est le moment où le congé est notifié, et les textes régionaux retiennent une présomption de réception quelques jours ouvrables après le dépôt du recommandé. Conséquence pratique : n'envoyez jamais votre recommandé les derniers jours du mois. Postez-le au plus tard vers le 20, et gardez la preuve de dépôt.

L'indemnité des trois premières années

Si le bail de neuf ans prend fin pendant les trois premières années, le locataire doit une indemnité au propriétaire, en plus des trois mois de préavis :

Le bail se termine…Indemnité
pendant la 1re année3 mois de loyer
pendant la 2e année2 mois de loyer
pendant la 3e année1 mois de loyer

Ce qui compte est la date de fin effective du bail (fin du préavis), pas la date d'envoi du congé. Un locataire entré le 1er mars 2025 qui notifie son congé le 10 novembre 2025 verra son bail se terminer le 28 février 2026 : encore dans la première année, donc trois mois d'indemnité. Notifier une semaine plus tard aurait fait basculer la fin du bail dans la deuxième année — et divisé l'indemnité par deux. Simulez toujours les deux hypothèses avant de poster.

Après la troisième année, plus aucune indemnité : trois mois de préavis, et c'est tout.

Le bail de courte durée (trois ans ou moins)

Attention, « courte durée » désigne ici un bail de résidence principale conclu pour trois ans ou moins — pas une location touristique.

Le régime est différent, et c'est ici que les Régions divergent le plus :

  • Bruxelles et Wallonie : le locataire peut résilier à tout moment, avec trois mois de préavis et une indemnité d'un mois de loyer.
  • Flandre : même préavis de trois mois, mais l'indemnité est dégressive selon l'année en cours (de l'ordre d'un mois et demi la première année, un mois la deuxième, une demi-mois la troisième). Vérifiez l'année dans laquelle tombe la fin de votre bail.

Pour mettre fin au bail à son échéance (et non de façon anticipée), un congé doit être notifié quelques mois avant le terme — à défaut, le bail se transforme, dans les trois Régions, en bail de neuf ans à compter de la date de départ initiale. Ce piège est réel : un bail d'un an que personne n'a dénoncé devient un bail de neuf ans. Notez la date d'échéance dans votre calendrier six mois à l'avance, et faites confirmer la date de fin par écrit.

Le contre-préavis d'un mois

Si c'est le propriétaire qui a donné congé (occupation personnelle, travaux, etc.) et que vous retrouvez un logement avant la fin de son préavis, vous n'êtes pas obligé d'attendre : vous pouvez donner un contre-préavis d'un mois, sans indemnité, y compris pendant les trois premières années. Vous ne payez alors le loyer que jusqu'à la fin de ce mois. C'est une règle très favorable, et largement ignorée.

La forme du congé

Le congé est un acte écrit. En pratique :

1Lettre recommandée avec preuve de dépôt (la voie normale) ; ou remise en main propre contre accusé de réception daté et signé ; ou exploit d'huissier.
2Un e-mail ou un SMS ne suffisent pas : même si le propriétaire y répond, vous n'aurez pas de preuve solide de la date de notification.
3Mentionnez : votre identité, l'adresse du bien, la référence du bail, la volonté claire de mettre fin au bail, la date de prise d'effet du préavis et la date de fin du bail telles que vous les calculez.
4Si vous êtes plusieurs locataires signataires, le congé doit émaner de tous — sauf régime de colocation (voir ci-dessous).
5Conservez une copie et la preuve d'envoi : sans elle, la date est contestable, et la date est tout.

Colocation : partir seul

Les trois Régions ont créé un régime propre au bail de colocation, avec un pacte de colocation entre colocataires. Le principe commun : le colocataire qui part donne son congé au bailleur et à ses colocataires, et doit chercher un remplaçant. S'il en trouve un accepté par les autres et par le bailleur, il est libéré. À défaut, il peut rester tenu, solidairement, pendant une période limitée après son départ.

Les délais et la durée de cette solidarité résiduelle diffèrent d'une Région à l'autre — Bruxelles a par exemple prévu un préavis plus court que le droit commun. Comme les montants en jeu sont importants, relisez le texte de votre Région ou faites vérifier votre situation avant d'envoyer quoi que ce soit.

Avant de rendre les clés

  • Demandez l'état des lieux de sortie, contradictoire, comparé à celui d'entrée.
  • Relevez les compteurs (électricité, gaz, eau) avec photos horodatées, et communiquez-les aux fournisseurs.
  • Réglez les loyers et provisions dus jusqu'au dernier jour du préavis.
  • Demandez le décompte de charges et la libération de la garantie locative (qui n'est débloquée que d'un commun accord ou sur décision de justice).

Sur Domilinko

Domilinko conserve la trace horodatée de votre état des lieux d'entrée (photos, relevés de compteurs, signatures) et de la remise des clés. Au moment de partir, l'état des lieux de sortie s'appuie sur ces éléments datés : c'est ce qui rend une discussion sur la garantie beaucoup plus courte. La plateforme ne détient pas la garantie locative, qui se constitue hors plateforme sur un compte bloqué, et ne notifie pas le congé à votre place : le recommandé, c'est vous.

> Cet article est une information générale. Sur un congé, un mois d'écart change le montant dû : en cas de doute, faites relire votre lettre par le service logement de votre commune, un service d'aide juridique ou une association de locataires.

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Espero AKPOLI

Fondateur · Spécialiste de la location immobilière entre propriétaires et locataires

Entrepreneur, je travaille à rendre la location plus simple et plus juste en Belgique. Je partage ici des guides concrets sur le dossier de location, la garantie locative, le PEB, l'état des lieux et le bail — pour les locataires comme pour les propriétaires.

Questions fréquentes

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