Le certificat PEB / EPC : obligatoire dans toute annonce
Par Espero AKPOLI
Publié le 24 mars 2026

Sommaire
C'est la première chose qui bloque une mise en location, et la plus facile à régler. Le certificat de performance énergétique est obligatoire pour louer un logement en Belgique, et ses données doivent figurer dès l'annonce — pas à la visite, pas à la signature : dès la publicité.
Une précision de vocabulaire, qui n'est pas anodine : on parle de certificat PEB (performance énergétique des bâtiments) à Bruxelles et en Wallonie, et d'EPC (energieprestatiecertificaat) en Flandre. Ce sont trois régimes distincts, issus d'une même directive européenne mais transposés séparément. Les obligations, les mentions et les sanctions ne sont pas identiques.
1. Qu'est-ce que c'est, concrètement ?
Un document établi par un professionnel agréé, à l'issue d'une visite du logement, qui décrit sa performance énergétique théorique : isolation, châssis, système de chauffage, production d'eau chaude, ventilation, éventuelle production d'énergie renouvelable.
Il aboutit à :
- un indicateur chiffré de consommation d'énergie primaire, exprimé en kWh par m² et par an ;
- une classe énergétique, matérialisée par une étiquette colorée allant des meilleures classes (A et au-delà) à la moins bonne (F ou G, selon la Région) ;
- souvent, des recommandations de travaux d'amélioration.
Point important : le certificat est théorique. Il évalue le bâtiment, pas les habitudes de ses occupants. Un logement bien noté occupé par quelqu'un qui chauffe à 24 °C consommera plus qu'un logement moyen occupé sobrement. Ce n'est pas une facture prévisionnelle, c'est une carte d'identité énergétique du bâti.
2. Qui l'établit, combien ça coûte, combien de temps ça vaut
Qui. Un certificateur agréé par la Région où se trouve le bien. Un certificateur agréé en Wallonie ne peut pas certifier un bien situé en Flandre. Chaque Région publie la liste de ses professionnels agréés sur son site officiel : c'est là qu'il faut chercher, et nulle part ailleurs.
Combien. Le prix est libre — il n'est pas réglementé. Il dépend de la Région, de la taille et de la complexité du bien, et du certificateur. Comptez, en ordre de grandeur, de quelques centaines d'euros pour un appartement ou une maison moyenne. Demandez deux ou trois devis : les écarts sont réels. Préparez les documents (plans, factures d'isolation, attestations de travaux, entretien de chaudière) : sans preuve, le certificateur doit retenir les hypothèses les plus défavorables, et votre classe s'en ressentira. Un dossier bien préparé peut valoir une classe entière.
Combien de temps. Le certificat est valable 10 ans. Passé ce délai, il faut le refaire. Il faut aussi le refaire — dans votre intérêt — après des travaux significatifs : isoler la toiture et remplacer les châssis sans mettre le certificat à jour, c'est payer les travaux et continuer à afficher la mauvaise étiquette.
3. Les mentions obligatoires dans l'annonce
C'est le point sur lequel les propriétaires se font le plus souvent prendre en défaut. Toute publicité — annonce en ligne, affiche en vitrine, panneau sur la façade, prospectus — doit mentionner les données énergétiques du bien.
Selon la Région, on attend en substance :
- En Flandre : le certificat est l'EPC ; la publicité doit reprendre l'energiescore (la consommation spécifique en kWh/m²/an), le label énergétique, le numéro du certificat et l'adresse du bien. La Flandre a également mis en place, ces dernières années, une trajectoire d'exigences énergétiques minimales pour les logements mis en location, avec un relèvement progressif du label minimal exigé. Cette trajectoire évolue : vérifiez l'échéance en vigueur auprès du VEKA (energiesparen.be) avant de vous engager.
- À Bruxelles : le certificat PEB Habitation individuelle ; la publicité doit reprendre les indicateurs de performance énergétique du certificat et la classe. Bruxelles Environnement est l'autorité compétente.
- En Wallonie : le certificat PEB ; la publicité doit reprendre le label, la consommation spécifique d'énergie primaire (Espec, en kWh/m².an) et la consommation totale d'énergie primaire (Etotale, en kWh/an). Le SPW Énergie est l'autorité compétente.
Le certificat doit par ailleurs être remis au locataire — on lui en donne une copie, et le bail y renvoie.
Ne recopiez pas les chiffres de mémoire ni ceux d'un certificat périmé : reprenez-les tels quels sur le document en cours de validité.
4. Les sanctions
Elles existent dans les trois Régions, et elles portent sur deux comportements distincts : ne pas disposer d'un certificat, et ne pas en publier les mentions.
Les Régions prévoient des amendes administratives, dont les montants et les procédures sont fixés par leurs textes respectifs et ont été modifiés à plusieurs reprises. Nous ne citerons pas de montant ici, précisément parce qu'un chiffre erroné ne vaut rien : renseignez-vous à la source officielle de votre Région (VEKA pour la Flandre, Bruxelles Environnement pour Bruxelles, SPW Énergie pour la Wallonie).
Retenez surtout deux choses : les contrôles portent aussi sur les annonces en ligne, qui sont publiques et faciles à vérifier ; et la sanction n'est pas le seul risque. Un locataire à qui le certificat n'a pas été remis dispose d'un argument dans un litige, et un certificat manquant est un signal de négligence qui pèsera lourd si le logement est ensuite contesté sur sa salubrité.
5. Le PEB n'est pas qu'une formalité
Regardez-le comme un actif, pas comme une taxe.
- Il conditionne la vitesse de mise en location. À loyer égal, une classe correcte se loue plus vite. Le locataire raisonne en coût total : loyer + énergie.
- Il pèse sur ce que vous pourrez indexer. Plusieurs Régions ont conditionné l'indexation du loyer à la classe énergétique, avec des règles qui ont évolué et diffèrent entre Régions. Avant d'indexer, vérifiez la règle en vigueur chez vous.
- Il oriente vos travaux. Les recommandations du certificat vous disent où l'euro investi rapporte le plus. Souvent, c'est la toiture, puis les châssis, puis le système de chauffage — dans cet ordre.
6. Sur Domilinko : pas de classe énergétique, pas de publication
La règle est simple et elle n'a pas d'exception : une annonce dont la classe énergétique n'est pas renseignée est bloquée à la modération. Elle ne passe pas de l'état « en attente de vérification » à l'état « publiée ».
Ce n'est pas une contrainte que nous nous imposons par excès de zèle : c'est le droit belge. Une plateforme qui diffuserait des annonces de location sans mentions énergétiques diffuserait des publicités illégales — pour vous, en votre nom.
Concrètement, quand vous créez une annonce, vous renseignez la classe et l'indicateur de consommation figurant sur votre certificat. Tant que le champ est vide (statut en attente), l'annonce reste en brouillon. Prévoyez donc de commander votre certificat avant de préparer votre annonce : le délai d'obtention (prise de rendez-vous, visite, rédaction) se compte en jours, parfois en semaines en haute saison.
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Les mentions exigées, les procédures et les sanctions relèvent de chaque Région et sont régulièrement modifiées. Avant toute publication, vérifiez les obligations en vigueur auprès de l'autorité compétente : VEKA (Flandre), Bruxelles Environnement (Bruxelles), SPW Énergie (Wallonie).
Fondateur · Spécialiste de la location immobilière entre propriétaires et locataires
Entrepreneur, je travaille à rendre la location plus simple et plus juste en Belgique. Je partage ici des guides concrets sur le dossier de location, la garantie locative, le PEB, l'état des lieux et le bail — pour les locataires comme pour les propriétaires.


